Puisque vous semblez aimer mes histoires de chats, je vais avec plaisir vous en conter une qui, bien que tout à fait réelle, ressemble à un conte pour enfant...

Un beau jour de Juillet, je me promenais avec mes enfants dans une jolie forêt qui se trouvait proche de notre domicile. Mon fils, qui était âgé alors d'une dizaine d'années,  avait inventé un de ses jeux dont il avait le secret. Ce jour là, il était une sorte d"Indiana Jones" à la recherche d'une princesse égarée en terre inconnue. Le parcours était semé d'embûches et plutôt hostile... Rivières infestées de crocodiles, indigène, coupeurs de têtes... Vous savez sans doute comme moi à quel point l'imagination des enfants est fertile ! Ma fille et moi le suivions en faisant mine de croire à ses élucubrations !

Epuisées par une bonne heure de marche à travers les broussailles et les ronciers, nous implorions un peu de repos et proposâmes de nous asseoir quelques instants sur un vieux tronc d'arbre déraciné qui se trouvait couché à terre. Notre infatiguable aventurier continuait ses recherches imaginaires et arpentait l'arbre d'un bout à l'autre tel un équilibriste quand tout à coup, je ne sais pour quelle raison, il fit un pas de côté et tomba dans les fougères. M'approchant vite de lui pour vérifier qu'il n'était pas blessé je le vis s'arrêter net, comme figé sur place. "Qu'y a t-il ?" Lui demandais-je. "'T'es-tu fait mal ?" "Non maman" me répondit-il, "mais regarde sous les feuilles, il y a une bête qui bouge, j'ai peur". Incrédule, je me penchais et c'est là que je la vis... J'avais sous les yeux une adorable petite chatte Siamoise, effrayée et transie de froid que je pu attrapper sans peine tant elle était affamée et faible.

Notre Princesse, nous venions de la trouver ! Comment était-elle arrivée là ? Je ne le sus jamais et cela reste pour nous un mystère. Après une visite d'urgence chez le vétérinaire, j'appris qu'elle était âgée d'à peine six semaines et donc à peine sevrée. Les problèmes gastriques et intestinaux dont elle souffrait étaient sérieux et le pratitien émit de grandes réserves quant à ses chances de survie. Nous mîmes tant de coeur à la soigner qu'après des jours et des nuits d'angoisse, nos efforts fûrent récompensés. Elle fût guérie et reprit petit à petit de la vigueur. Malgré tout, elle resta toute sa vie fragile. J'eus tout de suite un immense coup de coeur pour cette petite chatte qui fût, et sera toujours ma préférée... Nous décidâmes qu'elle s'appellerait Prisca, joli nom pour une Princesse !



C'est Arthur qui lui apprit tout ce qu'un chat bien élevé devait connaître. En la léchant il lui montra comment faire sa toilette, puis il la guida vers le bac à litière. C'était amusant de la voir maladroitement copier tout ces gestes. Il remplaça la mère qu'elle n'avait sans doute jamais connue...

Cette chatte se montra d'abord exclusive, n'accordant son affection et sa confiance qu'à moi et à mon fils, frustrant ainsi le reste de la famille. Puis petit à petit, elle se montra de plus en plus câline envers Maurice. Avec ma fille, les rapports restèrent distants. Elle était farouche et craintive envers les étrangers au point qu'elle pouvait rester cachée plusieurs jours sous un meuble lorsque nous recevions des invités.

Elégante et racée, elle n'avait rien à envier à Arthur. Toute ausi bavarde et intelligente que lui, elle savait nous charmer par des attitudes très expressives et typiquement félines. Rancunière et boudeuse lorsqu'elle avait été grondée, par exemple pour avoir mangé un Bonzaï où griffé les rideaux, elle était capable de faire la tête une journée entière. Résultat, nous lui cédions tout !


Lorsqu'elle nous quitta par un triste matin de Novembre, nous eumes vraiment un énorme chagrin. Je suis encore émue lorsque j'en parle aujourd'hui Arthur lui survécut encore deux ans et réussit à atteindre l'âge canonique de 19 ans et demi ! Nous pensions bien ne plus jamais pouvoir aimer d'autres chats, jusqu'au jour où une certaine Nina fit irruption dans notre vie... C'est elle qui partage désormais notre quotidien...
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