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Après plusieurs ouvrages littéraires retraçant sa vie, son œuvre, et le film de Tamra Davis « The radiant » présenté très récemment dans les salles, tout le monde en ce moment parle de Jean Michel Basquiat. Cet ovni de l’art moderne, décédé prématurément d’une overdose alors qu’il était en pleine gloire aurait fêté son cinquantième anniversaire le 22 Décembre 2010. A cette occasion une exposition lui est consacrée jusqu’au 30 Janvier 2011 au musée d’art Moderne de la ville de Paris.


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Bien que je ne sois pas vraiment fan, ma nature curieuse m’incite à m’y rendre pour me faire ma propre opinion. Et puis comme j’adore flâner à Paris en cette période de fin d’année, je me dis que ce sera l’occasion de profiter des grands magasins, des illuminations et du marché de Noël. Je me réserve donc deux journées pour satisfaire ma boulimie Parisienne, et me voilà partie… Je suis d’abord assez surprise de constater que les abords du Musée sont vétustes et de toute évidence laissés à l’abandon. Bien que situés dans le 16ème arrondissement les vestiges de ce qui avait dû être, par le passé, un bel endroit sont sales, malodorants, taggués. Des statues de muses grecques assez endommagées pleurent sur leur piedestal devant ce triste spectacle, mais leurs larmes ne parviennent même pas à remplir le bassin dont la fontaine reste désespérément tarie. Je ne comprends pas bien pourquoi la ville de Paris ne restaure pas cet endroit pourtant si bien situé, et duquel nous pouvons admirer une vue imprenable sur la Seine et la Tour Eiffel. Nous entrons par la porte du palais de Tokyo où les 160 œuvres majeures de l’artiste sont exposées dans un ordre chronologique, des plus anciennes aux plus récentes. La plupart des toiles et oeuvres présentées sont habituellement invisibles car jalousement gardées dans des collections privées. Basquiat est devenu, presque de son vivant, l'un des artistes les plus chers du monde !

 

Né en 1960 à New York d’un père haïtien, et d’une mère portoricaine, Jean Michel Basquiat, élève médiocre, est initié à l’art dès son plus jeune âge par sa mère qui y est sensible. Elle l’emmène fréquemment au "Muséum of moderne art" et l’encourage à développer ses talents artistiques. Très vite, il ne rêve plus que de peinture et fugue à plusieurs reprises avant de réaliser ses premiers dessins dans la rue, sous l’emprise de la marijuana. Il prend pour pseudonyme SAMO qui signifie "same old shit," "toujours la même merde" et signe ses œuvres d’une couronne symbolisant pour lui la royauté et l’héroïsme des rues. Son style original, nerveux et violent s’inscrit dans la mouvance "underground" A l’âge de sept ans, à la suite d’un accident de voiture, il doit subir une ablation de la rate. Durant son hospitalisation, sa mère lui offre un livre d’anatomie qui va  fortement influencer la première partie de son œuvre. Il peint alors des corps en transparence, qui laissent entrevoir tous les organes internes. Les premiers dessins ressemblent à des dessins d’enfant et sont souvent réalisés sur des supports improbables comme des morceaux de Carton, où des vieux volets en bois. Puis a mesure que nous avançons dans les différentes salles on voit évoluer la technique. Il confectionne lui-même des toiles grossières qui sont clouées  sur des cadres avec des clous à ferrer les chevaux. C’est assez torturé et plein de symboles qui nous laissent perplexes. Je regrette de ne pas avoir pris la visite guidée qui nous aurait peut être éclairés un peu. Ses toiles semblent inspirées de tout un tas de découvertes dont il s’est imbibé, comme une éponge. Après les avoir absorbées, il les restitue à sa manière. Elles reflètent un univers étrange et pour moi, difficilement pénétrable… L’Egypte, les Papes, Charlemagne, le sacre des rois  de France, les boxeurs tout cela se mélange dans un curieux pêle-mêle.

 

L'exposition consacre une salle entière aux oeuvres réalisées avec Andy Warhol. Leur rencontre en 1983 s'avèrera féconde et une solide amitié les unira jusqu'à la mort de Warhol en 1987. A peine un an plus tard, Basquiat mourra, victime d'une overdose provoquée par un mélange d'héroïne et de cocaïne. Ils réalisent ensembles plusieurs toiles qui sont très mal accueillies par la critique, notamment celle du célèbre portrait où Basquiat représente Warhol sous la forme d’une banane. Pour ma part je  trouve que Warhol y occupe trop la place il occulte complètement Basquiat. Je n'aime pas. Je préfère  nettement les "écorchés" de la première période. Je ressors de là un peu déçue  je dois bien l'avouer. Je ne suis pas une critique d'art avertie et mon jugement se limite généralement à "j'aime" où "je n'aime pas". Néanmmoins je ne regrette pas ma visite, simplement, ce n’est pas mon univers.

 

Nous nous dirigeons vers la seconde expo qui se tient au même endroit, dans une autre salle, celle  de Larry Clark, tant décriée parce qu'elle à été interdite au moins de 18 ans et qu'elle montre des photos représententant la dérive de la jeunesse Américaine dans les années 60.  Des adolescents très jeunes qui se livrent à des activités sexuelles, des filles enceintes qui se droguent, les armes, la mort, tous les maux de notre société sont "mis en scène" par l'artiste car on voit bien que les jeunes posent. La photo d'un bébé mort dans son petit cercueil me touche particulièrement. C'est glauque mais c'est bien ce à quoi je m'attendais d'après ce que j'avais lu dans la presse. Pas de quoi hurler au scandale toutefois, comme certain l'on fait. C'est beaucoup de bruit pour rien à mon sens. Après tout, il nous arrive de voir des choses tout aussi atroces et choquantes à la télévision lorsque nous regardons notre journal télévisé, et pourtant ce n'est pas interdit aux mineurs ! La plupart du temps nous sommes à table et cela ne nous coupe même pas l'appétit. Arrêtons l'hypocrisie.

 

Le musée d'art moderne comporte aussi une très belle collection parmanente. Tableaux, mobiles, céramiques de Matisse entre autre, très beaux meubles de la période "art déco" des sculptures d'artistes renommés, tout cela vaut vraiment le détour.

 


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