DANSE CONTEMPORAINE

Dimanche 2 novembre 2008
Hier, petite virée à Paris direction le théâtre du Châtelet pour assister au spectacle "Edward aux mains d'argent". J'avais bien aimé le film de Tim Burton, mais surtout la mise en scène de Matthiew Bournes dans "Swan Lake" un remake du lac des cygnes, spectacle de danse où les cygnes étaient interprétés par des danseurs hommes. J'avais littéralement adoré. La combinaison des deux  promettait donc d'être intéressante.

Bien calés dans nos sièges au deuxième balcon, juste au dessus de la fosse d'orchestre, nous nous amusons a contempler la salle qui grouille de monde. Certains discutent, d'autres s'embrassent tendrement enlacés, des enfants chahutent... Vu d'en haut c'est assez curieux et drôle à observer...

Puis les lumières s'éteignent peu à peu et le décor se met en place. Un énorme grondement de tonnerre retentit et un vieux cimetière apparaît avec au premier plan une stèle sur laquelle le prénom "Edward" est écrit en lettres de feu....  Un homme pleure, une paire de ciseaux à la main. Le décor s'abaisse à nouveau. Une vieille dame traverse la scène, courbant l'échine, en s'appuyant sur sa canne. Elle regarde le public puis s'en va... C'est assez joli même si on ne comprend pas bien la raison de sa présence... En fait il faudra attendre la fin pour comprendre qu'il s'agit de la jeune fille aimée d'Edward... devenue vieille mais ceux qui ont vu le film savent...

Ensuite on assiste à la "fabrication" d'Edward dans l'atelier de son créateur qui pique à la machine. Il coud, assemble une jambe, puis l'autre et enfin donne vie à Edward à l'aide d'une étrange machine... Des voleurs profitent de la nuit d'Halloween pour pénétrer dans l'atelier. L'affaire tourne mal. Edward tente de protéger son "père" à l'aide des ciseaux qui lui servent de mains (il n'est pas terminé) mais en vain.

Jusque là tout va bien. C'est beau, agréable à regarder avec de jolis décors, mais je commence à me demander quand est ce qu'ils vont danser ! Car je suis venue pour ça moi, la danse !

Edward est recueilli par une famille Américaine caricaturée à la manière de Jacques Tati dans "les vacances de Mr Hulot" les différents personnages se mettent en place. Ca dansouille un peu sur des airs de swing et rock des années 50 mais ce n'est décidément pas ce que j'attendais. Edward ressemble à Johnny Deep. Avec ses ciseaux il sculpte les haies et les végétaux, tombe amoureux de la fille de la maison... Exactement comme dans le film ! Tout est très conventionnel. La scène de Noël est interminable même si je dois admettre que la chorégraphie est bien réglée. Les danseurs et les comédiens sont excellents mais j'avais espéré plus de romantisme et surtout plus d'originalité... Il y a tout de même un moment que nous avons adoré : lorsque Edward danse avec sa belle et des danseurs habillés de sculptures végétales... sur une musique lente magnifique.

Edward est tué. Retour au vieux cimetière du début. Eclair et tonnerre, la vielle dame passe a nouveau... une paire de ciseaux à la main. Dans son dos, une ombre sur le mur : celle d'Edward. Applaudissements, acclamations, saluts... Puis une fine neige tombe sur les spectateurs émerveillés, expulsée de canons placés juste devant nous au deuxième balcon quasiment sous nos yeux ce qui gâche ma magie. Nous en plaisantons d'ailleurs car ils font du bruit.

Bref, c'est beau, bien joué, bien dansé mais je reste sur ma faim. Pas vraiment déçue mais frustrée de ne pas avoir trouvé ce que j'attendais... C'est un très beau spectacle pour enfants... malheureusement nous sommes des adultes... Matthew Bournes n'a pas su s'affranchir du film de Tim Burton pour proposer quelque chose de différent. Dommage...

J'adore flâner dans les rues de Paris, ma ville natale, celle de mon enfance. Nous décidons de rentrer à Pied... Nous quittons le quartier du Châtelet ou de nombreux passants s'affairent en ce jour férié. Tiens, la restauration de la tour Saint Jacques est terminée, superbe... Nous suivons notre "guide" dans les rues étroites et les ruelles, il connait tout les raccourcis. Petit détour par Beaubourg et son bassin aux sculptures étranges... Nous nous arrêtons dans une petite boutique Orientale pour acheter quelques douceurs avant de remonter prendre un café... Edward aux mains d'argent est vite oublié mais fût prétexte à cette agréable escapade... Je ne regrette rien.

Par Myriam MOIX
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 22 février 2008
img007.jpg Je vais commencer par  partager avec vous un moment d'émotion  vécu  ce  Samedi 9 Février 2008. A peine un mois et demi après la disparition du Maître, l'émotion était en effet palpable dans cette grande salle du Palais des sports à Paris où nous nous trouvons pour l'avant dernière représentation du "Tour du monde en 80 minutes", l'oeuvre inachevée de Maurice Béjart qui nous a quitté le 22 Novembre 2007. Nous avions eu la chance de la voir ici même il y a tout juste un an. Il s'était levé péniblement de son fauteuil roulant pour saluer la salle venue applaudir son "Best off" et avait reçu en retour une longue ovation du public. Je souffrais de voir ce grand homme ainsi diminué après avoir été le danseur magnifique que l'on connait. Sans doute avait-il déjà en tête ce projet de ballet que nous contemplons aujourd'hui. Curieusement, je ressens sa présence partout. Dans le grand hall où est accrochée une photo  de lui, souriant avec ses chats, sous le halo d'une lumière semblant venue d'ailleurs j'imagine les artistes qui vont devoir danser seuls. Celui qu'ils considéraient comme leur "père" ne posera plus sur eux son regard bleu protecteur et bienveillant. Ils vont pourtant tout donner, et exécuter les pas du Maître avec une virtuosité époustouflante. Le spectacle débute au Sénégal, hommage de Béjart à un pays dont il était originaire par son arrière grand-mère. La voix du chorégraphe retentit dès le lever de rideau, comme s'il était soudain ressuscité. Une très jolie danseuse noire se déhanche au son des percussions, d'une manière très sensuelle, auprès des danseurs "mâles" qui semblent déjà conquis.
Le tour du monde commence... L'Egypte est d'abord évoquée, mélange de force et de raffinement sur une chanson d'Oum Kalsoum. Nous sommes assis au deuxième rang, tout près de la scène. Je peux voir la musculature parfaite des danseurs, la sueur perle sur les corps. Un léger rictus de souffrance témoigne de l'effort fourni sous le sourire affiché. Quelle beauté, quelle puissance ! Une élégante et gracieuse danseuse évoque maintenant la Grèce, douceur et tendresse sur une mélopée de Théodorakis. Puis nous voici à Venise sur une musique de Vivaldi. La troupe fait une halte à Vienne et revisite le "beau Danube bleu". Le voyage se poursuit dans un déploiement de couleurs, celles de l'Inde, jaune safran, rouge... puis de la Chine. Pour faire le lien entre les différents tableaux, un personnage récurrent, le voyageur, m'évoque Béjart dans ses jeunes années. Petit passage par le pôle sur une musique Tahitienne. Des pingouins dansent en faisant rouler un énorme globe terrestre. N'est ce pas là l'expression des doutes que Béjart nourrissait quant à l'avenir de notre planète et à la problématique du réchauffement climatique ? Mystère.
Petit clin d'oeil à Hamlet où Béjart étincela naguère (le danseur joue avec un crâne) sans oublier Gil Roman, tout de noir vêtu, comme pour porter le deuil, grâve et intense dans emprunt à "Tod in Wien"... La tournée planétaire s'achève par les Etats Unis avec Duke Ellington, puis le carnaval de Rio, multicolore et endiablé interrompu par un coup de tonnerre qui, je suppose, évoque la disparition du chorégraphe. Le décors se décontruit et plonge le plateau dans le noir. C'est déjà la fin. Le temps a passé très vite. La lumière se rallume, les artistes saluent, semblant hésiter entre rire et larmes sous les ovations du public qui se lève. C'est émouvant, troublant. C'est la troupe a présent qui nous applaudit, un pingouin les rejoint et déclenche des rires dans la salle...

Y aura t-il un après Béjart ? Ce dernier spectacle est-il une oeuvre testament ? Des questions se posent. Gil Roman, le fils spirituel de Béjart qui a repris le direction de la compagnie à achevé la scénographie du ballet mais a renoncé a chorégraphier le dernier tableau qui devait voir les voyageurs revenir en terre Sénégalaise sur une musique de Youssou N'Dour.

Pour moi, ce dernier ballet est porteur d'un message de paix et de fraternité. Je voulais rendre hommage à cet homme exceptionnel qui a su mettre l'art dela danse à la portée de tous. Je ne peux me résoudre à l'adieu, il restera pour toujours dans ma mémoire.

img005.jpg
Par Myriam MOIX
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Profil

  • : Myriam MOIX
  • : Femme
  • : Comédienne amateur Secrétaire de l'Association Les Amis de L'Abbaye de Mortemer qui organise des animations culturelles et des spectacles de plein air.
  • : Normandie Eure

Présentation

Catégories

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

chat.gif

Crépuscule

undefined Il y a un temps ou ce n'est plus le jour,
et ce n'est pas encore la nuit.
Ce n'est qu'à cette heure là que l'on peut
commencer à regarder les choses et sa vie :
c'est qu'il nous faut un peu d'obscur pour bien
voir, étant nous même composés de clair et d'obscur.


Christian Bobin

Derniers Commentaires

Expérience...

undefined
L'expérience, c'est le nom que l'on donne à ses propres erreurs.
Oscar Wilde

Recherche

Rêve...


undefined
La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve.
Et vous aurez vécu si vous avez aimé.
Alfred De Musset
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus