POESIE

Jeudi 6 août 2009
Quelques belles journées d'été, d'hiver, d'automne où de printemps,
où le bonheur s'est arrêté, pour quelques éphémères instants...


Du fin fond de mes souvenirs où je les gardes bien rangées,
il m'arrive de les ressortir pour ne jamais les oublier.


Elles sont ma force, ma richesse, mes petits trésors à moi.
Les remparts de ma forteresse, la source où je puise ma foi.


Quelques heures en dehors du temps. Lorsque la vie qui nous malmène,
et nous ballotte au gré des vents, se met à nous dire "je t'aime".


Les frissons des premiers émois, quand l'amour se mêle a l'automne.
La douce chaleur de ses bras et l'envie de croquer la pomme.


Le rire clair d'un enfant qui, des étoiles dans les yeux,
vous étreint en disant "Maman" simplement parce qu'il est heureux.


Le doux ressac de la mer. Un voilier. Des îles sous le vent.
Des amis sur le pont arrière, des chants dans le soleil couchant...


Un coup de coeur inattendu, des liens d'amitié qui se tissent.
Retour au Paradis perdu de l'enfance et rires complices.


La morsure du froid sur la peau. Une promenade sur les quais de Seine,
emmitouflés dans nos manteaux, et ta main glissée dans la mienne.


La vie est faite de rencontres, d'instants fugaces et précieux,
volés au cadran de la montre. Le bonheur, c'est un peu de bleu.

Par Myriam MOIX
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Mercredi 20 mai 2009
Guilaine Lefèbvre m'a fait l'amitié de me confier quelques uns de ses écrits que j'aimerais vous faire partager. Coups de coeur, coups de gueule aussi, ils reflètent bien sa personnalité complexe et Oh ! combien attachante... Une fille formidable qui gagne vraiment à être connue. Voici quelques morceaux choisis... Mes préférés...

LE MASQUE DE LA SOUFFRANCE

Sous l'image du fort caractère
Se cache une âme inquiète.
Sous l'image de la mégère
Se cache l'âme d'une midinette
Malgré l'image d'une sans coeur
Tu recherche l'âme soeur
On croit tout savoir de toi
A travers cette carapace que tu t'est créée.
Mais de ce que je sais de toi,
Je peux vous le dire,
Tu n'est qu'une fille malaimée
Qui ne cesse de se maudire
De se dévaloriser,
De peur qu'on ne puisse l'aimer
L'image que tu donnes te déssert
Cesse d'être cette statue de pierre
Aurais-je envie de te dire.
Mais n'est-ce pas aux autres de comprendre
Qu'a te connaître ils doivent apprendre ?
Pous cesser enfin de te maudire
Et enfin découvrir
Ta générosité,
Ta véritable personnalité


SE REVOLTER

Se taire,
C'est laisser croire
Qu'on ne veut rien faire.
Laisser croire qu'on a pas d'opinion.
C'est donner raison,
Aux faiseurs d'inintelligents,
A Messieurs les censeurs
Qui disent aux braves gens
Ce qu'ils doivent penser
A l'instant T.
Faut-il se taire,
Devant la misère ?
Faut-il les yeux détourner
Devant la lâcheté ?
Faut-il transformer les femmes,
En de remarquables hommes
Pour leur laisser espérer
Qu'elles ont le droit d'exister ?
Faut-il parler le politiquement correct
Quand notre monde devient abject ?
Je vous laisse méditer
Sur ces quelques pensées
Mais surtout n'oubliez pas
La liberté ne se vend pas.


AMOUR

L'amour est un sentiment
Qui ressemble à une fleur.
Au début il est plaisant,
Par sa couleur
Avec le temps,
Il devient piquant.
Et arrive le jour
Où l'amour disparait


Maudire, haïr,
Aimer, adorer,
Détester, rejeter,
Dorloter, chouchouter.
La haine,
Je t'aime.
Où est la frontière
Entre ces deux sentiments ?
Maudire, haïr
Avant de devenir amants ?
Faut-il sans cesse
Franchir cette frontière ?
Faut-il sans cesse
Vivre sur cette ligne blanche
De l'ambivalence
Des sentiments
Qui nous tourmentent ?


Avec toutes mes félicitations pour ton second prix bien mérité au concours des poètes de l'Association "Soyons à la Page". Bravo et surtout continue d'écrire... Ne serais-ce que pour nous.
Par Myriam MOIX
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Mardi 28 octobre 2008
Oscar Wladislas de Lubicz Milosz (poète Lituanien)

Les feuilles mortes tombent dans l'air dormant,
Vois mon coeur, ce que l'Automne a fait de ta chère île :
Comme elle est pâle !
Quelle orpheline au coeur tranquille !
Les cloches sonnent à Saint-Louis-en-l'Isle
Pour le fuschia mort de la patronne du chaland.

Tête basse deux vieux chevaux très humbles, somnolents prennent leur dernier bain.
Un gros chien noir aboie et menace de loin.
Sur le pont, il n'y a que moi et mon enfant :
Robe fanée, faibles épaules, visage blanc,
Un bouquet de fleurs dans les mains.

Ô mon enfant ! Ce temps qui vient !
Pour eux ! Pour nous ! Ô mon enfant !
Ce temps qui vient !

Voir mon précédent article du 22/02/2008 consacré à ce personnage.


Par Myriam MOIX
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Jeudi 2 octobre 2008


 Octobre est arrivé, doucement sans rien dire
La forêt s'est parée de ces reflets dorés
Qui malgré leur beauté laissent augurer du pire,
La nature est malade et ses jours sont comptés.

Un cortège de brume accompagne le vent
La fraicheur du matin me saisit au visage,
Et j'ai la nostalgie de tous ces beaux moments
Passés en compagnie de cigales peu sages.


Oui nous avons dansé et joué tout l'été
Sur des airs de polka et des textes d'antan
Devant notre public nous avons tout donné
La saison qui décline rend mon coeur dolent.


Mais ton sourire clair me redonne l'espoir,
Je sais bien que l'hiver est le temps des projets
Tu te fais mystérieux et j'aimerais savoir
Ce qui dans ton esprit est en train de germer.


Suis-je victime d'un sort où d'un envoutement ?
Es-tu Dieu où Démon ? Mais non tu es soleil
Et moi l'insecte fou acquise a tes talents
Sous tes rayons diffus je sens pousser mes ailes.


Mortemer est magique tout le monde le sait
Mathilde le fantôme est tapie dans le noir
Elle est notre complice, elle voit tout, elle se tait
Je crois l'apercevoir au détour d'un couloir.

                                                                                          
Es-ce à elle que je dois cette joie si sereine
Qui malgré la tourmente de ces années passées                    
s'est emparée de moi, à soulagé mes peines
Et a comblé mon coeur d'amour et d'amitié.


De mon ancienne vie il n'y a plus de trace
Tout est loin, oublié, je vis dans le présent
Je retrouve le feu qui couvait sous la glace
Et aussi la candeur de mes rêves d'enfant.







Par Myriam MOIX
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Vendredi 19 septembre 2008
Ses pattes de velours,
Piétinent mon sommeil.
Nina, comme chaque jour,
Veut que je me réveille.


Elle Y met tout son coeur,
Elle ronronne, elle câline,
Je sens son pelage doux
Tout contre ma poitrine.


Dehors il fait soleil,
Mais je suis fatiguée.
Mal dormi. Car la veille,
J'était un peu stressée.


Mes soucis elle s'en moque,
Elle ne veut rien savoir.
Et sur mon oreiller,
Elle finit par s'asseoir.


C'est bon, tu as gagné !
Je baille, je frémis,
Je m'étire. Tu as faim ?
Puis je saute du lit.


Repue elle me contemple
Et ses doux yeux m'apaisent.
Puis elle cherche un coussin,
Et se met à son aise.


De ma mauvaise humeur,
Tout est vite oublié.
Ses ondes positives,
Eclairent mes pensées.


 à Nina... Ma jolie compagne féline,
 C'est elle qui m'a choisie, adoptée. Elle me fait l'honneur de vivre sous mon toit...
Par Myriam MOIX
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Mardi 11 mars 2008
Celui là, je l'ai découvert hier. C'est toujours aussi beau !

LE VIEUX JOUR.

Le vieux jour qui n'à pas de but veut que l'on vive
Et que l'on pleure et se baigne avec sa pluis et son vent.
Pourquoi ne veut-il pas dormir toujours à l'auberge des nuits
Le jour qui menace les heures de son bâton de mendiant ?

La lumière est tiède aux dortoirs de l'hopital de la vie ;
La blancheur patiente des murs est faite de chères pensées
Et la pitié qui voit que le bonheur s'ennuie
Fait neiger le ciel vide sur les pauvres oiseaux blessés.

Ne réveille pas la lampe,ce crépuscule est notre ami,
Il ne vient jamais sans nous apporter un peu de bon vieux
Si tu le chassais de notre chambre, la pluie et le vent
Se moqueraient de son triste manteau gris.

Ah ! certes, s'il existe une douceur ici bas
Cela ne peut être qu'aux vieux cimetières graves et bons
Où la faiblesse ne dit plus oui, où l'orgueil ne dit plus non,
Où l'espoir ne tourmente plus les hommes las.

Ah ! certes, là bas, sous les croix, près de la mer indifférente
Qui ne songe qu'au temps jadis, tous les chercheurs
Trouveront enfin leurs âmes aux sourires anxieux d'attente
Et les consolations sûres des nuits meilleures.

Verse cet alcool dans le feu, ferme bien la porte,
Il y a dans mon coeur des abandonnés qui grelottent.
On dirait vraiment que toute la musique est morte
Et les heures sont si longues !

Non, je ne veux pas plus voir en toi l'amie :
Ne sois qu'une chose extrêmement douce, crois moi,
Une fumée au toit d'une chaumière, dans le soir :
Tu as le visage de la bonne journée de ta vie.

Par Myriam MOIX
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Vendredi 22 février 2008

Cet écrivain et poète d'origine Lituanienne a vécu en France dès l'âge de douze ans. Il passa son baccalauréat ès lettres avant de suivre les cours de l'école du Louvre et l'école des langues Orientales. Il étudia aussi l'épigraphie hébraïque et assyrienne. Un personnage assez étrange donc qui aurait pu faire une carrière de traducteur : il possédait en effet pas moins de quatre langues maternelles (le Russe, le Balte, le Polonais et le Français) et au moins deux autres langues apprises à l'âge adulte (l'Anglais et l'Allemand). Il n'écrira et ne publiera pourtant qu'en Français.

C'est assez noir mais néanmmoins magnifique. A ne pas lire les jours de déprime... Un ami m'a fait découvrir la beauté de ces poèmes que je vous fais partager à mon tour. J'ai lu quelque part que la chanteuse Olivia Ruiz avait utilisé certains textes de Milosz dans l'une de ses chansons mais je ne sais pas laquelle. Dites moi si vous aussi vous aimez, j'en ai encore plein d'autre...

Si le personnage vous intéresse, je vous conseille de vous rendre sur le site internet : www.milosz.ifrance.com,  vous pourrez rejoindre ainsi le cercle très fermé des  "Amis de Milosz"  basé à Paris dans le 18ème.

LES TERRAINS VAGUES

Comment m'est tu venu, ô toi si humble, si chagrin ? Je ne sais plus.
Sans doute comme la pensée de la mort, avec la vie même.
Mais de ma Lituanie cendreuse aux gorges d'enfer du Rummel,
De Bow-Street au Marais de l'enfance à la vieillesse,

J'aime (comme j'aime les hommes, d'un vieil amour
Usé par la pitié, la colère et la solitude) ces terrains oubliés
Où pousse ici, trop lentement et là trop vite,
Comme les enfants blancs dans les rues sans soleil, une herbe,

De ville, froide et sale, sans sommeil, comme l'idée fixe,
Venue avec le vent du cimetière, peut être
Dans un de ces ballots d'étoffe noire, lisse et lustrée, oreillers
Des vieilles dormeuses des berges, dans le terribles crépuscules.

De toute ma jeunesse consumée dans le sud
Et dans le nord, j'ai surtout retenu ceci : mon âme
Est malade, passante, comme l'herbe altérée des murs,
Et on l'a oubliée, et on lal aisse ici.

J'en sais un qu'obscurcit un cèdre du Liban ! Vestige
De quelque beau jardin de l'amour virginal. Et je sais, moi, qu'il
Fut planté là, jadis, en son doux temps, afin
De porter témoignage ; et le serment tomba dans le muette éternité

Et l'homme et la femme sans nom sont morts, et leur amour
Est mort, et qui donc se souvient ? Qui ? Toi peut être
Toi, triste, triste bruit de la pluie sur la pluie,
Ou vous, mon âme. Mais bientôt vous oublierez cela et le reste.

Quand venait l'hiver des faubourgs ; quand le chaland
Voyageait dans la brume de France, qu'il m'était doux,
Saint-Julien-le-pauvre, de faire le tour

De ton jardin ! Je vivais dans la dissipation
La plus amère ; mais le coeur de la terre m'attirait
Dèjà ; je savais qu'il bat non sous la roseraie
Choyée, mais là où croît ma soeur ortie, obscure, délaissée.

Ainsi donc, si tu veux me plaire - après ! loin d'ici ! toi
Murmurant, ruisselant de fleurs ressuscitées, toi jardin
Où toute solitude aura un visage et un nom
Et sera une épouse,

Réservée au pied du mur moussu dont les lézardes
Montrent la ville Ariel dans les chastes vapeurs,
Pour mon amour amer un coin ami du froid et de la moisissure
Et du silence ; et quand la vierge au sein de Thumîm et d'Urîm

Me prendra par la main et me conduira là, que les tristes terrestres
Se ressouviennent, me reconnaissent, me saluent : le chardon et l'
Ortie et l'ennemie d'enfance belladone.
Eux, ils savent, ils savent.

"Assez de littérature, parlons un peu de nous. Je suis depuis un an et demi, tout seul en Lithuanie, province Baltique, dans les terres de mes ancêtres, où je suis retenu par des affaires négligées depuis quatre ans (...) L'été je monte à cheval, je fais des vers par milliers, l'hiver, je vais en traîneau et relis Kant, Shopenhauer et Platon en fumant ma pipe. Je fais aussi de temps en temps des voyages avec mes deux amis, en Espagne avec Don Quichotte et en Italie avec Henri Heine. On peut s'habituer à tout : l'important c'est de vivre le moins possible dans ce qu'on nomme le monde de la réalité."

O. W. De Lubisz Milosz                  









Par Myriam MOIX
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Profil

  • : Myriam MOIX
  • : Femme
  • : Comédienne amateur Secrétaire de l'Association Les Amis de L'Abbaye de Mortemer qui organise des animations culturelles et des spectacles de plein air.
  • : Normandie Eure

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Crépuscule

undefined Il y a un temps ou ce n'est plus le jour,
et ce n'est pas encore la nuit.
Ce n'est qu'à cette heure là que l'on peut
commencer à regarder les choses et sa vie :
c'est qu'il nous faut un peu d'obscur pour bien
voir, étant nous même composés de clair et d'obscur.


Christian Bobin

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