CHATS

Lundi 23 mars 2009
Je viens de retrouver un texte que j'avais écrit sur un adorable petit félin nommé Bazile qui partagea notre vie pendant pas mal de temps avant que ma fille ne l'emporte avec elle... Le voici lorsqu'il avait environ 3 mois, craquant non ?


A cette époque nous étions déjà les heureux propriétaires de deux siamois, Arthur et Prisca, dont je vous ai déjà longuement parlé dans mes précédents articles. Un jour, ma fille arriva avec dans un carton, endormi dans un gilet rose, un drôle de petit chat gris et blanc, qui après de multiples transactions dont je vous passerais les détails, ne devait passer qu'une journée où deux à la maison avant d'être confié à un organisme destiné à lui trouver une famille d'adoption. La tête très arrondie avec de grosses taches asymétriques sur le museau, l'intérieur des oreilles et les coussinets des pattes tout roses, il ressemblait à une caricature de dessin animé. Il s'éveillât, me fixa de ses yeux d'un joli vert pâle tout ronds eux aussi, baillât et se mit à ronronner tandis que nous le caressions, pas impressionné pour deux sous, comme s'il nous connaissait depuis toujours. "Tu sais Maman" me dit ma fille, "il est croisé avec un Persan". "Persan où pas, j'aimerais que tu lui trouve rapidement une famille d'accueil" me contentais je de lui répondre, mue par un curieux pressentiment et bien décidée à ne pas me laisser émouvoir. Il était hors de question que nous gardions un troisième chat à la maison. Lorsque mon mari rentra du travail, le chaton jouait tranquillement avec une balle, à l'aise comme s'il avait toujours vécu chez nous, pas du tout perturbé par la présence d'Arthur qui l'observait avec intérêt, ni même par celle de Prisca, hostile, qui le pelage gonflé crachait et soufflait, tentant vainement d'intimider cet intrus qui l'ignorait superbement. Maurice le trouva tout de suite attendrissant. Certes il l'était... Toutefois je comptais bien sur son appui pour ne pas céder à la pression de ma fille qui avait de toute évidence une idée en tête. Les jours passaient sans que personne ne semble vraiment décidé à contacter l'organisme d'adoption, et lorsque enfin, excédée, je me décidai à aborder le sujet, je ne fus pas très surprise d'entendre mon mari et ma fille m'exprimer leur désir de garder le chaton auquel ils avaient d'ailleurs déjà trouvé un nom : Bazile. J'étais furieuse mais que faire ? Ma fille promit que ce chat serait le sien et que je n'aurais pas a m'en occuper, ce qui fût le cas en effet, du moins au début car par la suite ce petit clown sût très bien s'attirer les bonnes grâces de toute la maisonnée y compris les miennes. Voilà de quelle manière nous nous sommes retrouvés avec un trio de charmants félins. Fort heureusement ces animaux étant très sociables, il n'y eut jamais de réel conflit. Prisca et Bazile jouaient beaucoup ensembles sous le regard complice d'Arthur.


Par la suite, Bazile voulut s'affirmer en tant que mâle, déclarant la guerre à Arthur notamment au moment des repas. Il prit quelques coups de patte et comprit vite qu'il ne faisait pas le poids, ce qui ne l'empêchait pas de récidiver régulièrement, espérant sans doute que les années passant, le Patriarche finirait par faiblir, mais malgré ses 11 ans bien sonnés, celui-ci n'avait rien perdu de sa vivacité et son coup de patte était toujours aussi redoutable. Bazile était un comédien, vif comme l'éclair. Il savait fort bien captiver l'attention par des attitudes ou des postures amusantes. Les invités de passage étaient généralement conquis par sa frimousse espiègle et ses pitreries. Très câlin à ses heures, il se transformait en "chamallow" ronronnant qui se blotissait avec délice sur vos genoux.


Il vécut ainsi près de six années avec nous, puis ma fille le prit avec elle dans son nouvel appartement lorsqu'elle quittat la maison. Au début il nous a bien manqué, lui aussi d'ailleurs s'ennuyait de ses deux autres compagnons. L'année suivante, ma fille déménagea pour s'installer en Normandie dans un pavillon avec jardin. Elle adopta rien que pour lui une jolie compagne, une chatte blanche très douce qui répond au doux nom de "Dounette". C'est auprès d'elle qu'il termina sa vie l'année dernière, juste avant Noël, à l'âge de quinze ans...

Une des toutes dernières photo du trio réuni pour une petite sieste
Admirez le position parfaitement identique de chacun d'eux
Belle harmonie ma foi
...

Par Myriam MOIX
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Lundi 21 avril 2008
Puisque vous semblez aimer mes histoires de chats, je vais avec plaisir vous en conter une qui, bien que tout à fait réelle, ressemble à un conte pour enfant...

Un beau jour de Juillet, je me promenais avec mes enfants dans une jolie forêt qui se trouvait proche de notre domicile. Mon fils, qui était âgé alors d'une dizaine d'années,  avait inventé un de ses jeux dont il avait le secret. Ce jour là, il était une sorte d"Indiana Jones" à la recherche d'une princesse égarée en terre inconnue. Le parcours était semé d'embûches et plutôt hostile... Rivières infestées de crocodiles, indigène, coupeurs de têtes... Vous savez sans doute comme moi à quel point l'imagination des enfants est fertile ! Ma fille et moi le suivions en faisant mine de croire à ses élucubrations !

Epuisées par une bonne heure de marche à travers les broussailles et les ronciers, nous implorions un peu de repos et proposâmes de nous asseoir quelques instants sur un vieux tronc d'arbre déraciné qui se trouvait couché à terre. Notre infatiguable aventurier continuait ses recherches imaginaires et arpentait l'arbre d'un bout à l'autre tel un équilibriste quand tout à coup, je ne sais pour quelle raison, il fit un pas de côté et tomba dans les fougères. M'approchant vite de lui pour vérifier qu'il n'était pas blessé je le vis s'arrêter net, comme figé sur place. "Qu'y a t-il ?" Lui demandais-je. "'T'es-tu fait mal ?" "Non maman" me répondit-il, "mais regarde sous les feuilles, il y a une bête qui bouge, j'ai peur". Incrédule, je me penchais et c'est là que je la vis... J'avais sous les yeux une adorable petite chatte Siamoise, effrayée et transie de froid que je pu attrapper sans peine tant elle était affamée et faible.

Notre Princesse, nous venions de la trouver ! Comment était-elle arrivée là ? Je ne le sus jamais et cela reste pour nous un mystère. Après une visite d'urgence chez le vétérinaire, j'appris qu'elle était âgée d'à peine six semaines et donc à peine sevrée. Les problèmes gastriques et intestinaux dont elle souffrait étaient sérieux et le pratitien émit de grandes réserves quant à ses chances de survie. Nous mîmes tant de coeur à la soigner qu'après des jours et des nuits d'angoisse, nos efforts fûrent récompensés. Elle fût guérie et reprit petit à petit de la vigueur. Malgré tout, elle resta toute sa vie fragile. J'eus tout de suite un immense coup de coeur pour cette petite chatte qui fût, et sera toujours ma préférée... Nous décidâmes qu'elle s'appellerait Prisca, joli nom pour une Princesse !



C'est Arthur qui lui apprit tout ce qu'un chat bien élevé devait connaître. En la léchant il lui montra comment faire sa toilette, puis il la guida vers le bac à litière. C'était amusant de la voir maladroitement copier tout ces gestes. Il remplaça la mère qu'elle n'avait sans doute jamais connue...

Cette chatte se montra d'abord exclusive, n'accordant son affection et sa confiance qu'à moi et à mon fils, frustrant ainsi le reste de la famille. Puis petit à petit, elle se montra de plus en plus câline envers Maurice. Avec ma fille, les rapports restèrent distants. Elle était farouche et craintive envers les étrangers au point qu'elle pouvait rester cachée plusieurs jours sous un meuble lorsque nous recevions des invités.

Elégante et racée, elle n'avait rien à envier à Arthur. Toute ausi bavarde et intelligente que lui, elle savait nous charmer par des attitudes très expressives et typiquement félines. Rancunière et boudeuse lorsqu'elle avait été grondée, par exemple pour avoir mangé un Bonzaï où griffé les rideaux, elle était capable de faire la tête une journée entière. Résultat, nous lui cédions tout !


Lorsqu'elle nous quitta par un triste matin de Novembre, nous eumes vraiment un énorme chagrin. Je suis encore émue lorsque j'en parle aujourd'hui Arthur lui survécut encore deux ans et réussit à atteindre l'âge canonique de 19 ans et demi ! Nous pensions bien ne plus jamais pouvoir aimer d'autres chats, jusqu'au jour où une certaine Nina fit irruption dans notre vie... C'est elle qui partage désormais notre quotidien...
Par Myriam MOIX
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Jeudi 10 avril 2008
J'admirais depuis longtemps la beauté de cette race. Ce masque brun ces yeux bleu azur, cette silhouette élancée conféraient à ces chats une élégance mystérieuse et rare. C'est pourquoi lorsque je vis arriver pour mon anniversaire cette petite chose grisâtre aux pattes postérieures trop hautes et de surcroit affublée d'un strabisme convergent, que Maurice prétendait être un Siamois pure race, il me fût difficile de cacher ma déception. Je pensais qu'il s'était fait abuser... Les enfants étaient ravis, notre petite chienne aussi, je devais donc me faire une raison et puis, il était malgré tout très attachant. Lorsqu'il grandit, ce "vilain petit canard" se mua en un magnifique et robuste matou très beau, et digne représentant de sa race. C'est en voyant par la suite d'autres chatons Siamois que je sus qu'ils étaient tous ainsi durant leur prime enfance. Il faut attendre environ six mois pour voir se profiler leur silhouette et leur couleur définitive.


Arthur fût un chaton espiègle et turbulent au caractère entier. Très calin à ses heures, il pouvait vite se transformer en un petit démon aux yeux rouges qui dévastait tout sur son passage, simplement pour satisfaire son impérieux besoin de se dépenser. Il fallait voir avec quelle vivacité il grimpait tout en haut des murs où après les rideaux avant de traverser l'appartement en trombe. Loin d'être méchant où agressif, tout cela n'était pour lui qu'un jeu, il impressionnait les amis de passage par son regard et son attitude ce qui, je dois bien l'avouer m'amusait assez. Le Siamois a la réputation d'être un chat "méchant" ce qui est absolument faux. Il est même un excellent compagnon de jeux pour les enfants car il possède une énergie remarquable et n'est jamais fatigué. Plutôt du genre "pot de colle" avec les humains, bavard et envahissant, il est toutefois très différent d'un matou ordinaire. Les intonations de sa voix sont tout aussi surprenantes. Tantôt rauques, tantôt modulées elles peuvent être assimilées à un langage. Je crois que lorsque l'on a eu la chance de posséder un tel chat, on finit par trouver les autres minets un peu fades...

Bien que citadin, Arthur eut l'occasion de découvrir les joies du plein air lors de vacances en bord de mer. En prévision du départ, j'avais fait l'acquisition d'un joli panier en osier tressé muni d'une fenêtre à barreaux qui me semblait adapté à la situation. Le jour J, le chat ne fit aucune difficulté pour y pénétrer croyant qu'il s'agissait d'un nouveau jeu. Ce n'est que lorsque nous arrivâmes près de l'ascenseur que la panique s'empara de lui. Il défonca le panier, lacéra le tee shirt de ma fille qui tentait de le retenir, et se retouva, je ne sais comment agrippé tout en haut du mur du palier dont il ne voulait absolument plus descendre.

Après un voyage mouvementé durant lequel il ne cessat de miauler, nous arrivâmes enfin à destination. Le premier soir, il fit la connaissance d'un crapaud qu'il essaya de gober tout cru. Mon fils, s'inquiétant de le voir "baver tout vert" nous alerta et nous eûmes toutes les peines du monde à lui nettoyer la gueule afin de le débarrasser du liquide gluant qui le faisait ressembler à une bête enragée. Le lendemain, il s'avisa de grimper le long d'un sapin qui jouxtait la maison et bien entendu, une fois arrivé en haut, il rendit compte qu'il ne savait pas comment redescendre. Nous étions sur le point d'appeler les pompiers lorsqu'il trouva enfin une technique qui lui permit de reculer jusqu'au toit de la maison, heureusement assez proche sur laquelle il sauta.

Les jours suivants, il se fit de plus en plus vagabond et nous passâmes une bonne partie des vacances à le chercher partout. Il adorait narguer les deux Fox-Terriers du voisin qui écumaient de rage et je vivais dans l'angoisse qu'il ne se fasse dévorer où écraser par une voiture. Inutile de vous dire que par la suite, nous n'avons pas renouvelé l'expérience. Il est resté à la maison pendant nos absences sous bonne garde !


Par Myriam MOIX
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Vendredi 14 mars 2008
chats.jpg Mes beaux parents habitaient la Normandie, dans une jolie petite maison située près d'une forêt de hêtres et bordée par des pâturages appartenant au fermier voisin. Tout autour paissaient des vaches, des moutons et dans le pré tout proche, un petit âne gris courait en liberté. Il venait chaque jour réclamer bruyamment du pain et autres friandises pour la plus grande joie des enfants. J'aimais particulièrement cet endroit calme et serein. Nous y venions souvent le week-end nous reposer des turpitudes de la ville. Mes beaux parents eurent toujours des chats, recueillis ça et là, se succédant les uns aux autres. Certains disparaissaient, d'autres les remplaçaient et ma belle mère nourrissait tout ce petit monde avec enthousiasme, tout comme moi elle les aimait beaucoup. Le premier adopté fût un chat noir magnifique, imposant par sa taille, avec de facsinants yeux verts qui rôdait autour de la maison depuis quelques jours. Sa majesté et sa stature inspiraient le respect, à vrai dire, il me faisait un peu peur... Il était assez sauvage mais à force de patience, belle maman réussit à le faire entrer à la maison, où ma foi, il prit vite ses aises avant de se sentir tout à fait chez lui. Il se montra toujours d'une grande gentillesse, même avec les enfants qui pourtant p l'agaçaient quelque peu parfois. Il reçut le nom de "Moumousse".
 
Pendant la saison des amours, Moumousse découchait souvent et rentrait après de longues absences, maigre et affamé, souvent blessé d'un coup de griffe ou de dent. Une fois soigné et le ventre plein, il devenait le plus câlin des matous, partageant même notre lit. Il aimait se coucher sur ma poitrine et me fixait de son regard intense et phosphorescent, un peu inquiétant certes, mais si beau dans la nuit ! Ce chat était un gentlemen. Plusieurs fois, il rentra accompagné d'une conquête, une chatte généralement affamée et enceinte à qui il proposait le gîte et le couvert jusqu'à la naissance des petits. L'une d'entre elles, trouvant le personnel à son goût, décida de rester. Elle nous donna une nombreuse descendance et le géniteur, à en juger par la couleur des petits, n'était visiblement pas toujours Moumousse. Qu'importe. Bien qu'infidèle, il la considéra toujours comme sa légitime et "Moussette" s'incrusta définitivement. Quelquefois, échappant à notre vigilance, elle réussissait à cacher ses chatons, tantôt dans le poulailler, tantôt dans le foin du grenier et même une fois au bas d'une armoire. Personne n'avait le courage de supprimer des petits chats âgés de quelques semaines tellement mignons, et elle le savait bien. Certains vinrent donc agrandir la famille, ce fût le cas de Douchka que ma soeur voulut bien adopter et de Nino qui malheureusement disparût quelques mois plus tard sous les roues d'une voiture. Faunette fût adoptée de la même façon ainsi que Kitty, un joli chaton gris et blanc.

Kitty fût trouvé un jour de fête. Mes beaux parents avaient organisé un barbecue dans le jardin et toute la famille ainsi que quelques amis se trouvaient réunis. Maurice, mon mari, qui aimait fureter dans le grenier fût assez surpris d'y rencontrer Moussette, que belle Maman prétendait ne pas avoir vue depuis plusieurs jours. Elle le conduisit tout naturellement vers une cachette où il découvrit un chaton maigre qu'elle n'avait pu nourrir correctement faute de lait, car elle commençait à être âgée et fatiguée. Redescendu avec l'animal qui tenait juste dans le creux de sa main, Maurice le proposa à l'adoption mais ne trouva parmi l'assemblée aucun volontaire. Mon beau père allait donc devoir le supprimer. Lorsque je le vis, je découvris immédiatement qu'il était la réplique conforme de mon cher Boudiou, le chat de mon enfance. Même frimousse, même pelage, même regard. C'était frappant ! Et s'il s'agissait d'une réincarnation ? Où d'un signe du destin ? Je ne pouvais pas laisser ce chat mourir, il fallait absolument que je lui sauve la vie. "Allez tant pis, je le prend" lançais-je en regrettant aussitôt mes paroles car nous habitions un petit appartement en plein Paris et je travaillais toute la journée. Par la suite, je retardais chaque fois le moment de l'emmener à la maison, trouvant des tas de prétextes, pendant ce temps, mes beaux parents s'attachaient à lui. Je finis par les avoir à l'usure et il resta finalement avec les autres. Il ne quitta jamais sa Normandie natale et eut une belle vie longue et heureuse.

Faunette, une autre rescapée, était je ne sais pour quelle raison la préférée de belle Maman. Elle était belle, avec de longs poils noirs et de très jolis yeux verts comme ses géniteurs, mais avait un fichu caractère et le coup de patte facile. Ma belle mère prétendait qu'elle était douée d'un langage. Je l'entendis bien quelquefois émettre des sons bizarres que seule ma belle mère comprenait, mais de là à parler de langage !
Ayant déménagé depuis peu, nous avions adopté une petite femelle Teckel à poil longs adorable pour tenir compagnie à notre fille. Malgré notre profonde affection pour la gent féline, nous avions pensé qu'un chien était plus à même de supporter la vie en appartement. Nous avons bien révisé notre opinion depuis, mais cela est une autre histoire...
Curieusement, Faunette malgré son caractère ombrageux, se prit d'amitié pour la chienne qui d'ailleurs le lui rendait bien. A chacunes de nos visites, les deux complices se saluaient en se frottant l'une contre l'autre, puis elles partaient ensembles à la découverte des merveilles du jardin. Mily avait appris à chasser à la manière des chats, en rampant, et savait même attaraper les oiseaux en plein vol, ce qui lui valait notre courroux. Toutes les deux creusaient des terriers pour y déloger les taupes où débusquer les mulots. Un chien chasseur de souris ! Ce n'était tout de même pas banal. Elles coursaient les poules pour tromper l'ennui, surveillaient de très près les pigeons du voisin qui venaient boire au bord du bassin, brefs, elles s'accordaient à merveille pour faire des bêtises... Et le soir venu, elles s'endormaient épuisées, l'une contre l'autre dans le même panier.

Tout ce petit monde vécut en bonne harmonie durant des années puis un jour, Moumousse disparût. Nous ne sûmes jamais ce qui lui était arrivé. Un chasseur sans doute... Les autres chats vieillirent, mes beaux parents également. C'est Kitty qui resta le dernier. C'est avec une certaine nostalgie que j'écris ces lignes alors que tous ont quitté ce monde à présent, hommes et bêtes, pour rejoindre celui de mes souvenirs. Notre petite Mily a suivi leur chemin... Elle eût toutefois la chance de vivre quelques temps avec Arthur, un magnifique chat Siamois que Maurice m'offrit pour mon anniversaire.
Par Myriam MOIX
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Lundi 25 février 2008
Je vous parlais précédemment de mon chat d'enfance baptisé Boudiou par mon frère. Eh bien voici la suite de ses aventures. De tous mes chats, il fut sans doute celui qui en vécut le plus grand nombre. Certaines auraient pu se terminer tragiquement car il était téméraire et un peu casse-cou, mais une bonne étoile semblait veiller sur lui. Il adorait par exemple passer d'une fenêtre à l'autre (au quatrième étage d'un immeuble Parisien) pour aller rendre visite à la voisine où se coucher dans le lit du grand-père à qui il fichait chaque fois une frousse bleue. Ensuite, il revenait tranquillement à la maison par le même chemin. Comme tous les chats, il était fasciné par les oiseaux, passant des heures à les épier au travers des vitres. Il entrait en transe chaque fois que l'un d'entre eux se posait sur le rebord de la fenêtre, claquant des dents, au comble de l'excitation, et caressant le fol espoir de pourvoir un jour en attraper un. Par une nuit d'été, alors qu'il avait réussi à se faufiler dans notre chambre à notre insu tandis que le fenêtre était ouverte, il realisa son rêve... Je fus réveillée en pleine nuit par un charivari indescriptible et je vis mon chat, sautant comme un diable à ressort de l'armoire au lit, puis sur le coffre à jouets, subitement transformé en monstre le poil hérissé, toutes griffes dehors. Il miaulait comme un fou et ce n'est qu'en allumant la lumière que je vis l'oiseau. Celui-ci tenta de lui échapper mais le chat l'immobilisa d'un coup de patte et le prit dans sa gueule. Le pauvre volatile se débattait encore mais Boudiou redressait la tête d'un air triomphant. Nous eûmes toutes le peines du monde à lui retirer sa proie tant il grognait et vociférait. Fort heureusement, le moineau s'en tira sans trop de dommages et put reprendre son envol. Boudiou se fit gronder et comme il était très rancunier, il nous bouda pendant deux jours. C'est sans doute en voulant réïtérer son exploit qu'un jour, il fit une chute qui aurait pu lui coûter la vie. Il s'en tira avec le menton ouvert et une patte cassée ayant eu la chance de tomber côté pelouse ! Toujours sa bonne étoile sans doute. Par la suite, lorsque nous eûmes un jardin, il se vengea des oiseaux, les croquant en cachette chaque fois que l'occasion s'en présentait. Nous retrouvions ça et là quelques restes et des plumes mais il se gardait bien de nous les apporter comme il le faisait avec les souris et mulots qu'il déposait fièrement sur le perron et pour lesquels il était félicité. Les chats ont de la mémoire !

Mon père ayant terminé la construction de notre pavillon, nous déménagions dans le courant de l'été pour venir habiter dans le Val de Marne qui était encore à cette époque une région verte et boisée. Après quelques règlements de compte avec les matous du voisinage, notre Minet des villes devint un vrai dûr et se fit respecter. Il aima très vite cette nouvelle vie et prit l'habitude de pousser de plus en plus loin ses investigations n'oubliant toutefois jamais de revenir à la maison pour le dîner. Un jour qu'il rentrait, comme à son habitude de sa promenade dans la vaste propriété de notre voisin d'en face qui était son lieu de prédilection (a cause des magnifiques massifs de fleurs qui s'y trouvaient, des arbres hauts, et surtout du bassin où l'on pouvait pêcher le poisson rouge à volonté), il se fit heurter par un motocycliste. L'homme prit la peine de s'arrêter et visiblement désolé, vint sonner à la grille pour s'excuser. Il n'avait pu éviter l'animal qui gisait sur la route, un filet de sang à la bouche, mort... C'est du moins ce que je crus sur l'instant. Tandis que mon père soulevait le petit corps inerte et que Maman et moi pleurions à chaudes larmes, il remarqua que ses oreilles bougeaient avec le vent. S'agissait t-il d'une illusion ou bien restait-il un souffle de vie ? Toujours partisant des grands moyens, Papa alla chercher de l'eau bien froide qu'il lui versa vigoureusement sur la tête. Là, le miracle se produisit. Le chat se redressa sur ses pattes, chancelant d'abord, puis tout a coup parfaitement revigoré. Il courut jusqu'à la maison ou il se réfugia sous un meuble jusqu'au lendemain. La pédale de la mobylette n'avait fait que provoquer un K.O et il se remit vite après quelques jours de nourriture liquide et quelques dents en moins. Il devint par la suite très méfiant pour traverserl a route et parvint jusqu'à un âge avancé sans autres avatars.

Jalousie, quand tu nous tient !
Lorsque, bien plus tard, j'amenais à la maison celui qui allait devenir mon mari, Boudiou se montra d'une jalousie insoupçonnée jusqu'alors. Il multiplia les hostilités envers celui qu'il considérait visiblement comme un intrus. Par exemple, chaque fois que nous regardions la télévision, il s'interposait entre l'écran et mon ami, se déplaçant si nécessaire de manière a être toujours bien dans l'axe. Puis il entreprenait une toilette méticuleuse. Lorsque, excédés nous finissions par le chasser, il s'en allait en boudant ostensiblement. Par la suite, lorsque nous venions chez mes parents pour passer le week-end, il commencait par me faire la fête en ronronnant comme un fou, puis il investissait la chambre et se couchait le premier, en travers du lit et à la place de mon mari ! Ils devinrent toutefois d'excellent amis. Maurice qui heureusement aimait les chats, réussit à l'amadouer en lui offrant clandestinements les boites de thon que mon père stockait dans la réserve.Nous eûmes par la suite plusieurs autres chats dont je vous parlerais peut être un jour, si vous le voulez-bien.

 
Dessin de Virginia MILLER
Par Myriam MOIX
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Samedi 23 février 2008
img022.jpg Ma passion des chats remonte à l'enfance. Je devais avoir six ans lorsque mon frère rapporta à la maison celui qui allait devenir le préféré de mes compagnons de jeux, un adorable chaton gris et blanc récupéré chez un copain dont la chatte avait eu des petits. A maintes reprises nous avions tenté de faire fléchir mon père pour qu'il accepte un animal à la maison, mais sans succès. De plus, il prétendait détester les chats qu'il qualifiait de voleurs, fourbes et autres noms d'oiseaux que je ne répèterais pas ici. La tâche s'annonçait ardue. Il disait souvent à qui voulait l'entendre  que jamais un de ces "sales greffiers" ne franchirait sa porte... Avec l'aide de Maman qui avait tout de suite adopté notre cause, nous avions décidé cette fois dela faire changer d'avis. Deux jours durant, le chaton resta sagement enfermé dans notre chambre et ne sortit que lorsque Papa était au travail, mais le troisième jour, ce qui devait arriver arriva. Le petit coquin s'étant faufilé entre nos jambes alla se cogner tout droit dans celles de mon père tandis qu'il accrochait sa veste à la patère de l'entrée. Mes deux frères et moi retenions notre souffle... Papa, interloqué d'abord, devint rouge de colère. Nous avions osé le mettre devant le fait accompli et je me doutais bien qu'il n'allait pas aimer ça du tout ! Maman s'affairait dans la cuisine ou elle remuait nerveusement quelques casseroles histoire de se donner une contenance et je vis mon père prendre le chaton par la peau du cou et se diriger vers la fenêtre qu'il ouvrit toute grande. Non ! Il n'allait pas faire ça ! Je me mis à hurler en m'accrochant a son bras : "Papa s'il te plait, pas ça", m'écriais-je (poussée dans le dos par mes deux frères qui savaient que mon père me refusait rarement quelque chose). "Je te promets d'être sage, j'aurais de bonnes notes à l'école, j'aiderais Maman à la cuisine, je ferais même la vaisselle. S'il te plait"... Mon père reposa le chaton et je vis briller dans ses yeux un éclair de malice. A ce moment là je sus que c'était gagné. Bien entendu, il n'aurait jamais jeté cette pauvre bête par la fenêtre, encore moins sous nos yeux, il n'était pas un monstre, mais a six ans, on y croit ! Il semblait assez satisfait de son effet. Nous eûmes tous droit à un sermon en bonne et due forme, ma mère surtout pour s'être laissée attendrir, puis il décida que nous pourrions garder l'animal à la condition expresse qu'il soit propre et qu'il ne vienne pas traîner dans ses jambes. Sinon... d'un geste théâtral il désigna la fenêtre. Mon frère, à cause de notre concierge Marseillaise qu'il affectionnait particulièrement décida qu'il s'appellerait "Boudiou", expression typiquement méridionale dont elle ponctuait souvent ses phrases avec ce délicieux accent du midi qui la caractérisait. Je trouvais ça un peu ridicule mais il ne nous laissa pas le choix. Boudiou devint ainsi mon meilleur compagnon de jeux apaisant mes peines et mes chagrins d'enfant. Même mon père avait fini par s'y attacher. Lorsqu'il mourut à l'âge de quatorze ans, je le vis pleurer pleurer pour le première fois.

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Ces superbes dessins sont de Sonja Knapp
Ils illustrent le livre d'Anny Duperay "Les chats Mots"
J'avais écrit ce texte en 1996 pour un magazine consacré aux félins.
Je vous donnerais la suite plus tard...


 


Par Myriam MOIX
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Profil

  • : Myriam MOIX
  • : Femme
  • : Comédienne amateur Secrétaire de l'Association Les Amis de L'Abbaye de Mortemer qui organise des animations culturelles et des spectacles de plein air.
  • : Normandie Eure

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Crépuscule

undefined Il y a un temps ou ce n'est plus le jour,
et ce n'est pas encore la nuit.
Ce n'est qu'à cette heure là que l'on peut
commencer à regarder les choses et sa vie :
c'est qu'il nous faut un peu d'obscur pour bien
voir, étant nous même composés de clair et d'obscur.


Christian Bobin

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L'expérience, c'est le nom que l'on donne à ses propres erreurs.
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