THEATRE

Vendredi 14 novembre 2008
Par curiosité, nous décidons de nous rendre dans ce tout petit théâtre dont on parle beaucoup en ce moment et qui vient d'ouvrir ses portes sur un concept original. Sans trop bien savoir ce qui nous y attend, nous pénétrons dans l'avant salle... Décoration résolument, moderne, bar à l'entrée, petites tables, plutôt sympathique... Mais où est la salle de spectacle ? Y'en a t'il une au moins ?

Pour le moment il n'y a pas grand monde. Nous patientons. En cherchant les toilettes je tombe sur deux des comédiennes qui papotent... Je les questionne... La salle est prévue pour environ 80 personnes. Les troupes sont accueillies gratuitement et partagent la recette avec les organisateurs. Décidément tout ça nous intéresse...

20H15, les spectateurs affluent. Pour l'ouverture c'est gratuit jusqu'à la fin du mois de Novembre alors forcément il y a du monde. Les comédiens nous interpellent... Une étrange concierge, enceinte jusqu'aux dents nous bouscule pour pouvoir balayer le sol. De curieux randonneurs, très caricaturés, fendent la foule pour entrer dans la salle. Ils nous saluent au passage... parmi eux il y a même une bonne soeur... C'est un peu la cohue... Jacqueline, qui est clautro, commence à avoir chaud et lorgne vers la sortie. Nous entrons. La salle, de taille moyenne est très bien agencée. En quelques minutes elle est pleine a craquer, une centaine personnes s'entassent. Certains s'assoient sur des petits tabourets, d'autres sur des coussins, où directement sur les marches. C'est chaleureux, convivial, cela rappelle un peu l'Ecole Florent. Personnellement ça me plait beaucoup. Nous avons le réflexe de ne pas nous mettre au premier rang car cela promet d'être interactif et nous ne souhaitons pas nous retrouver sur la scène... Par la suite nous constatons a quel point nous avons eu raison quand un drôle de magicien vient chercher des gens dans le public pour les tourner gentiment en dérision. Les  sketches s'enchaînent, les rires fusent... Je m'amuse beaucoup, ces jeunes sont bourrés de talent. Ils sont vraiment drôles mais on sent qu'il y a du travail derrière tout ça. Ces "k barrés" portent décidément bien leur nom, ils nous surprennent agréablement. Epaules contre épaules, serrés comme des sardines nous nous gondolons de rire, Vytas rit même tellement fort que les gens se retournent sur lui... Entracte puis ça reprend de plus belle ! Trois heures de spectacle non-stop se terminent sur un joli duo de guitare sèche.

A la fin nous avons rendez-vous avec les organisateurs. Christine nous accueille très chaleureusement et nous fournit tous les renseignements nécessaires. Vytas visite la scène, les coulisses sont un peu petites mais il semble conquis. Nous viendrons probablement jouer "Paradis Perdu" ici dans quelques mois. Affaire à suivre... Ce n'est pas moi qui décide... Pour ma part, j'ai bien l'intention de revenir car de nombreux autres spectales sont à l'affiche... Décidément, j'aime cet endroit et je vous le recommande. Vous trouverez un calendrier rose sur leur blog, il suffit de cliquer dessus pour avoir la programmation.

THEATRE L'ALMENDRA
1, Rue Paul Baudouin
76000 - ROUEN
(A côté du "Bateau Ivre" pour ceux qui connaissent)

Je souhaite à Christine et Rémy (qui, soit dit en passant, joue très bien de la guitare) une belle réussite et longue vie a ce petit théâtre tout simple mais très attachant...

Par Myriam MOIX
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Lundi 20 octobre 2008
Dans ce spectacle présenté par "Animation Bray Culture" auquel nous avons assisté ce Jeudi 13 Octobre à l'Espace Jean Bauchet de Forges les Eaux, "Maurice Attias décompose l'implacable mécanique du sexe qui fait tourner dans une même ronde prédateurs et proies. Ce manège de la séduction et de l'ambition traverse toutes les couches de la société, parle de la misère sexuelle comme métaphore de la misère sociale et c'est ce qui fit de "La Ronde" un brûlot qui préfigurait la décomposition d'un monde que la grande guerre anéantirait. Cette guirlande de dix scènes qui ne parle que de "ça" se découpe en trois temps,, comme une valse Viennoise dont les flon-flon ponctuent les trois étapes de l'acte sexuel : avant, pendant, après".

Voilà en substance ce que nous promettait ce spectacle... Je n'ai aucun mal à imaginer le scandale que produisit cette pièce écrite entre 1896 et 1897 car en effet, ça ne parle que de "ça" mêlant dans une même recherche du plaisir la grande Bourgeoisie aux autres classes sociales, ce qui à cette époque était tout bonnement intolérable. Il faut savoir que toute la troupe qui avait créé "La Ronde" en 1920 soit près d'un quart de siècle plus tard, fût traînée en justice pour obscénité et trouble de l'ordre, provoquant un véritable déchaînement à Berlin. Ainsi se forgea le mythe de "La Ronde".

Je regrette pour ma part que l'interprétation soit quelque peu confuse, en effet quatre comédiens se partageaient les rôles et on avait parfois du mal à s'y retrouver... L"amant" de la scène précédente devient "le mari" un peu plus tard dans une autre scène... Il faut suivre... Difficile aussi, à moins de connaitre déjà la pièce, de comprendre qu'a la fin "la boucle est bouclée", lorsque le dernier personnage retrouve "Léocadie" qui n'est autre que la prostituée du début. J'ai beaucoup apprécié l'interprétation de Karine Preterre, que j'avais déjà eu l'occasion de découvrir dans l'Illusion comique de Corneille il y a quelques temps au théâtre des deux Rives de Rouen, les autres comédiens n'ayant pas démérité pour autant. Bravo aussi aux musiciens de l'Harmonie de Forges.



Par Myriam MOIX
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Mercredi 5 mars 2008
Vendredi  29 Février. Ce soir, rendez-vous à Paris pour aller voir une adaptation du classique de Racine, BERENICE, mise en scène de Lambert Wilson. Bien que Racine ne soit pas franchement mon auteur de prédilection, je me suis laissée convaincre.

Voici le thème de la pièce : Depuis cinq ans, Titus aime Bérénice, reine de Judée qui a quitté sa Palestine natale pour le suivre jusqu'à Rome. A la mort de l'Empereur Vespasien, son père, Titus accède au trône et détient tous les pouvoirs. Il projette d'épouser Bérénice et demande l'avis de son fidèle conseiller, Paulin. La réponse de celui-ci n'est pas celle qu'il attendait. Il apprend que le peuple de Rome est hostile à ce mariage et n'accepte pas une reine étrangère pour Impératrice. La mort dans l'âme, Titus décide de renoncer à son amour et le sacrifie à son devoir d'Empereur.

En, arrivant dans ce quartier très populaire, je suis surprise par la vétusté des locaux. Tout ici est vieillot, y compris le hall d'entrée dans lequel nous patientons pour attendre un ami qui doit nous rejoindre par le métro. L'endroit ne me plaît pas. Les spectateurs arrivent pourtant en masse, attirés je pense par la bonne publicité faite autour de l'évènement et la notoriété des comédiens. Nous entrons et mon impression se confirme. Cet ancien théâtre a sans doute été très beau par le passé, mais faute d'entretien, je lui trouve des allures de fin du monde. Il semble en effet rescapé de je ne sais quel cataclysme. Installé sur plusieurs étages, et surmonté d'une coupole vitrée, il s'appelait autrefois théâtre Molière. Les balcons sur lesquels on distingue encore le stuc des jours de gloire sont couleur béton, les dorures ont disparu et de grandes banquettes recouvertes de tissus blanc remplacent les fauteuils d'antan. Sur les murs, on distingue des vestiges de colonnades qui se détachent en fond de scène sur une peiture rouge, très écaillée. Notre ami trouve que cela donne du style, il aime bien. Pourquoi pas ? Ce théâtre possède la particularité de ne pas avoir de scène. Les spectateurs des premiers rangs se trouvent donc tout près des comédiens, ce qui est plutôt sympathique. Certains même sont assis sur de gros coussins à même le sol. Un instant je me demande pourquoi des artistes de renom tels que Lambert Wilson et Carole Bouquet ont choisi un tel endroit pour monter ce spectacle. Un court instant seulement car la lumière s'éteint doucement...

Elle se rallume sur une très belle musique Orientale et tout à coup, comme par magie, les colonnades vieillottes du fond de la scène deviennent impériales, le rouge délavé devient ocre, antique et Romain. Bravo aux éclairagistes ! Lambert Wilson alias Titus se fait habiller par ses serviteurs. Aucun mot, le personnage en impose, c'est beau. Il quitte ensuite la scène, comme ça sans rien dire et je reste sur ma faim. La lumière s'éteint de nouveau.

C'est Antiochus qui ouvrele dialogue. Très bien interprété par Fabrice Michel, il capte facilement mon attention. Secrètement amoureux de Bérénice, il a décidé de lui avouer ses sentiments avant de partir pour toujours. Il n'en peut plus de souffrir en silence et se confie à son ami Arsace. Impossible de ne pas être happée par la force de ce texte magnifique en alexandrins. Jusque là, tout va bien. C'est sobre, minimaliste, mais bien joué.

Titus apparaît de nouveau en compagnie du vieux Paulin interprété par Georges Wilson. Il lui fait comprendre que son mariage avec Bénénice est impossible et qu'il va devoir y renoncer. Il fait annoncer la nouvelle à Bérénice. On attend le drame, le déchirement mais rien ne vient. C'est frustrant. Carole Bouquet laisse filer le texte dans un style des plus classiques. Echevelée, le visage défait et en larme, elle tente bien de se montrer crédible mais l'émotion n'y est pas. On découvre un Titus lâche, geignant sans cesse interprété par Lambert Wilson qui semble absent de son personnage. C'est mal joué, très académique et ennuyeux. Je commence à trouver le temps long. Je surveille discrètement les réactions de mes deux amis. L'une baille et soupire en regardant sa montre, quant à l'autre, pourtant très amateur de théâtre classique, il regarde carrément ailleurs. La tête appuyée contre un pilier, il semble plus passionné par ce qui se passe dans la salle. Cela me rassure, je ne suis pas la seule à être lassée, même des alexandrins. Ouf ! C'est fini. Nous applaudissons sans enthousiasme, par pure politesse. BERENICE ne nous laissera pas un souvenir impérissable.

Par Myriam MOIX
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Profil

  • : Myriam MOIX
  • : Femme
  • : Comédienne amateur Secrétaire de l'Association Les Amis de L'Abbaye de Mortemer qui organise des animations culturelles et des spectacles de plein air.
  • : Normandie Eure

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Crépuscule

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et ce n'est pas encore la nuit.
Ce n'est qu'à cette heure là que l'on peut
commencer à regarder les choses et sa vie :
c'est qu'il nous faut un peu d'obscur pour bien
voir, étant nous même composés de clair et d'obscur.


Christian Bobin

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